Revue de Presse, semaine du 5 au 11 Février 2007
14th fév, 2007 | Par Mim | Catégorie: La Revue de Presse
Par Pamela Monzey et Céline Legrand
LE COCOONING
La notion de cocooning apparaît dans les années 1980 suite à une évolution des modes de vie et de consommation ou plus exactement suite à un intérêt croissant de la population pour l’art de vivre et l’aménagement du chez soi. En effet les 25-40 ans sont devenus des gens de la maison, la leur. Redécouverte de petites choses qui contribuent au bien être, passant par un coin de feu, une odeur, un trivial poursuite et pyjama-chausson.
Une mode arrivée tout droit des Etats-Unis et qui semblerait durer tant qu’il y aura des « homes » aspiration à un « home, sweet home » confortable, la maison comme un cocon protecteur. Une génération qui se replie sur elle-même et qui ne se sent totalement à l’abri que dans le confort et la chaleur de sa maison.
Définition et explication : pourquoi le Cocooning ?
Le cocooning est « un comportement du consommateur caractérisé par la volonté de transformer le foyer en une sorte de cocon, un abri parfaitement protégé par peur du danger que représente l’extérieur ». Il est défini comme un syndrome du rester à la maison par la futurologue des tendances de consommation Faith POPCORN qui prédit le phénomène dès la fin des années 1970 pour la décennie suivante et invente le terme.
En fait, le cocooning est l’acte isolant, l’individu se cache de l’environnement social normal étant perçu comme distrayant mais potentiellement dangereux. Alors l’individu se repli sur lui, se focalise sur sa maison qui devient un refuge, un cocon ; il espère y trouver les repères que la société n’est pas en mesure de lui fournir tels la famille, la sécurité, le confort moral et matériel et peut retrouver tout les loisirs de l’extérieur en réorganisant sa maison et en prenant soin de lui, chez lui.
Par ailleurs, le téléphone, internet ou plus généralement la technologie, ont contribué et ont
renforcé le cocooning ; vivre dans l’isolement physique tout en maintenant le contact par la télécommunication. Les époques changent mais le cocooning reste, en effet avec ce besoin croissant de sécurité, de protection contre les réalités cruelles et imprévisibles du monde extérieur, l’individu ressent toujours plus le besoin de « s’encabaner » et de se retrouver dans la douceur de son intérieur.
Avec le stress de la vie actuelle, les heures de pointes, la garderie, les horaires impossibles, cette notion de cocooning traduit assez bien l’intensité moderne du sentiment du droit de chacun a une intimité inviolable : réponse a un monde social tumultueux et menaçant. On parlerait de retrait de l’homme dans un sanctuaire privé comme réponse à un monde social menaçant et violent.
Par ailleurs, cette tendance à vouloir rester chez soi se renforce particulièrement l’hiver, lorsque l’extérieur en plus d’être incertain est froid et gris.
S’allonger à côté d’un feu de cheminée qui crépite et s’y faire son petit nid comme un oiseau couvant ses oeufs, un bon chocolat chaud à la main, regarder par la fenêtre la tempête de neige, voilà là quelques choses simples qui nous poussent à rester à la maison, rester dans notre chez nous, arrangé à notre guise. Mais au-delà de tout ça, il n’en reste pas moins que la popularité de la notion de cocooning traduit plusieurs choses à la fois, résumons les 3 axes principaux :
- La place du chez soi dans l’affirmation du droit à l’intimité personnelle et familiale.
- Une sensibilité et une demande accrue en matière de confort physique issues de l’enrichissement général des sociétés occidentales. Qui de nous tous ne rêve pas de se mettre au chaud, près d’un feu de cheminée, un livre à la main, ou faisant quelque chose nous permettant de prendre soin de nous, chez nous, en harmonie.
- Un abaissement toujours plus perceptible du seuil de tolérance de ces mêmes sociétés à l’égard des phénomènes sociaux qui évoquent de près ou de loin les heurts de la vie sociale.
C’est pour toutes ces raisons que le cocooning à rapidement trouvé sa place dans les dictionnaires français mettant davantage l’accent sur la recherche du bien être et sur la maison comme territoire privilégié de cette recherche et de cette expression.
Vers un renforcement du Cocooning ; le Bunkering.
Puis dans les années 1990, les Américains se rendent à l’étape suivante ; le Bunkering, vision beaucoup plus défensive de la vie sociale, ici, on parlera de cocooning blindé. Il s’agit en effet d’un isolement beaucoup plus marqué où l’individu fuit le monde extérieur, les violences de la vie sociale pour se mettre à l’abri dans un environnement social dit « homogène ». L’individu doit prendre des précautions contre cette violence car la famille est en situation de danger physique et moral permanent. On voit alors ces années là se développer des quartiers neufs dans les limites d’une enceinte gardée comme une forteresse, quartiers dans lesquels on équipe les maisons de systèmes de sécurité toujours plus performants, mais également d’appareils High Tech de divertissement comme pour faire de la maison un centre de services : transformation du salon en cinéma, le sous sol devient cave d’un grand restaurant, et connexion au web pour avoir l’impression d’être branché au monde extérieur.
Résultat : on se cache et se cacher à la maison peut devenir un piège parce que l’humain a besoin d’une vie sociale et à force de ne plus voir personne, plus personne ne risquera de vouloir vous voir non plus. Cette notion de Bunkering, renvoie donc largement plus à celle de repli domestique mais également à l’idéal du chez soi. Or le bien être à la maison ne peut avoir de sens que si elle est espace de sociabilité et qu’elle exprime le sens de l’hospitalité. C’est pourquoi on distingue le Bunkering du Cocooning puisque le premier s’écarte beaucoup plus des milieux sociaux alors que le second intègre déjà plus les relations sociales et évolue vers une ouverture plus marquée au monde extérieur. Malgré la maison qui reste un havre de paix et de douceur qui nous protège des agressions extérieures, on voit apparaitre, au-delà de l’envie de faire de son chez soi un cocon, l’envie de transformer la maison en lieu d’accueil ou tout être s’y sentirait bien ; on invite alors les gens car recevoir est un plaisir. Mais comme une invitation en attire une autre, on se retrouve assez vite avec des tas de sorties obligatoires.
Le Cocooning laisse place au Nesting
Avec le temps, les modes de vie évoluent et se tournent plus largement vers l’ouverture au
monde extérieur. La maison, toujours confortable et chaleureuse dans laquelle chacun a envie de se retrouver, ouvre ses portes aux amis et se fait plus accueillante, plus ouverte, moins bunker. La vision de l’extérieur comme monde dangereux, incertain et peut sure s’estompe car les individus se sont habitués aux inquiétudes générées par l’actualité. La maison est maintenant
décloisonnée, d’avantage exposé au regard d’autrui et devient lieu de nouvelle attentes. En effet depuis les années 2000, la tendance semble revenir vers une sorte d’équilibre, de l’anglais « nest » (nid), le Nesting conjugue le besoin de sécurité du cocooning et le désir d’ouverture vers l’extérieur. Avec le Nesting, la maison ne signifie plus repli sur soi et n’est plus l’exclusivité de la famille. Elle est désormais un lieu de socialisation, de partage et d’échange. La maison, plus ouverte, devient lieu d’accueil et de convivialité ; le salon est la pièce maîtresse de la maison, riche en échanges. Réorganisation de celui-ci, plus de canapé, plus d’espace pour recevoir (…) La maison reste au centre des préoccupations, transformée en un nid douillet, et exprime notre créativité, reflète notre personnalité mais au-delà de ça, l’individu veut s’ouvrir au monde et se faire toujours plus plaisir. Ce phénomène, décidément ancré dans nos moeurs, a su s’implanter et se développer au fil du temps comme une réelle tendance de consommation c’est pourquoi nous verrons dans une première partie comment cette tendance a su évoluer avec la société, avec les modes de vie et qui sont les gens touchés par cette tendance puis dans une seconde partie nous étudierons les comportements des consommateurs passant par l’étude de leurs besoins et des facteurs spécifiques qui les poussent à agir de telle ou telle manière et comment les entreprises ont su exploiter ce filon. Enfin en dernière partie nous verrons quelles sont les
différentes formes de cocooning.
I) Le cocooning : tendance de consommation
1) Evolution de la société et cocooning
La notion de cocooning est apparue dans les années 1980 dans les sociétés occidentales. Il s’agit d’une recherche de confort et de sécurité chez soi qui se traduit par le besoin de se protéger contre les réalités du monde extérieur. Les années 1980 ont été marquées par divers phénomènes sociétaux, par exemple : rôle de la femme active dans la société, rôle du travail de plus en plus stressant ou encore situation économique en crise. Face à tous ces phénomènes jugés « agressifs » : les individus ressentent le besoin de se sentir en sécurité et leur foyer se définit alors comme leur cocon. Leur habitat devient un endroit où l’on se sent protéger et où l’on peut aussi s’exprimer de différentes façons. Le cocooning traduit chez l’individu la place du chez soi et sa sensibilité au confort physique ce qui en partie illustre bien le coté individualiste des sociétés occidentales.
Depuis les années 1990, nous progressons dans un cycle de mutations sociales culturelles profondes qui participent à développer cette notion de cocooning. En effet, les 35h et l’intérêt que portent les français pour les loisirs ont vivement dopé le cocooning. Les individus ont plus de temps libres et se consacrent à leurs passions (allant du cocooning à l’aventure), à titre indicatif, le loisir à une place dans tous les budgets des français même chez les chômeurs. La tendance est aux « valeurs d’être », les individus sont en recherche d’équilibre et d’harmonie. La recherche de soi et le bien être est mis en avant. La notion de cocooning entrera très vite dans les moeurs, notamment grâce aux entreprises qui développeront cette tendance comme une des tendances sociales de l’époque. En effet, les consommateurs d’aujourd’hui ont des attentes fortement liées au confort, au plaisir, à l’authenticité, à l’éthique. Pour eux, il s’agit de se faire plaisir mais tout en étant éthique (développement durable et commerce équitable). Pour répondre à cela, les entreprises mettent en oeuvre des stratégies qui ne sont plus uniquement financière et économique mais plutôt morale (exemple : produits recyclables) dans le but de créer un lien particulier avec leurs consommateurs.
Vers les années 2000, le cocooning laisse place au nesting. Le nesting évoque l’art et le besoin de se bâtir un nid, c’est-à-dire une maison douillette et sûre mais contrairement au cocooning, ce concept ne fait pas référence au monde agressif extérieur et à ce besoin exagéré de se protéger. La maison n’est plus un lieu de repli mais un lieu de socialisation et d’échange. L’apparition des nouvelles technologies va booster cette idée, surtout Internet qui donne à l’individu une ouverture sur le monde et efface peu à peu cette notion de repli sur soi même. Il y a aussi le rôle psychologique du domicile qui change, c’est un endroit où l’on aime se sentir bien, on le veut unique, nous ressemblant. Les entreprises de décoration et d’ameublement intérieur ont su saisir cette tendance sociale en développant des concepts innovants. Les magasins Ikea par exemple incarnent un état d’esprit en phase avec l’évolution de l’habitat en proposant aux consommateurs des solutions pour optimiser leurs espaces d’habitation tout en jouant sur des couleurs et des designs agréables. En termes d’habitation et de logement, d’autres besoins vont naître chez les consommateurs. Ceux-ci veulent donner à leur appartement toutes les qualités d’une maison individuelle : volume, lumière, grandes pièces, dégagement sur jardin…etc. Et pour cela, les architectes vont exploités la verticalité (les immeubles en duplex, terrasse privée) et la double hauteur qui donne un sentiment de liberté. Il y aussi ceux qui acquiert des usines ou d’anciens immeubles pour les refaçonner à leurs goûts et y laisser une trace de leur identité. Tout cela dans une logique de confort, de recherche de qualité et de sécurité de vie. En effet, il est primordial pour les individus de vivre en harmonie relationnelle. Fauteuil « lounge » : un design, un confort, tout pour être bien tout en donnant un style à son intérieur.
2) Evolution des styles de vie et cocooning
Pour étudier et comprendre une tendance de consommation, on peut analyser les styles de vie des consommateurs. En l’espèce, nous allons associer le style de vie des consommateurs au cocooning. Un style de vie peut être défini comme une corrélation entre les trois points suivants : l’activité de l’individu, ses valeurs personnelles et ses opinions. Selon les socio styles, le consommateur d’aujourd’hui a changé. Avec une entrée tardive dans la vie active, des foyer mono parentaux, des couples alternatifs et la réduction du temps de travail, le contexte social ne cesse de se compliquer. Il oblige les marques à segmenter de plus en plus leurs offres. Les entreprises veulent créer des repères dans un monde en perpétuel changement sans pour autant faire d’exclusion. Les cocooners (adeptes du cocooning) sont des personnes qui suivent une tendance de style de vie hédoniste, c’est-à-dire au plaisir, à la sensualité, à la jouissance, à la beauté et à la qualité de vie. Dans les années 1990, les cocooners étaient en général les couples de classe moyenne de 25 à 40 ans habitant en banlieue. Aujourd’hui, le cocooning touche également les jeunes de 20 à 30 ans qui ressentent le besoin d’apprécier leur cocoon, le leur. On assiste à une segmentation socio culturel plus profonde, plus fondamentale et plus impliquant. Les cocooners s’intègrent dans une dynamique sociale de « résistance matérialiste », ils défendent le modèle d’une société de protection paternaliste. La « résistance matérialiste » engendre un socio style profiteur qui mobilise déjà 23,2% des citoyens et des consommateurs dans un objectif de « bunkering » et de cocooning. Le but étant de se bâtir et défendre un oasis de confort dans la jungle chaotique du monde actuel.
Parmi les cocooners, on peut distinguer les « Tanguy » (adulescent), les célibattantes, les metrosexuels, et les bobos.
Les Tanguy :
Surnommés ainsi par les sociologues ; ce phénomène touche d’avantage les garçons que les filles. Ils restent chez papa et maman pour le confort ! Ce sont des personnes qui privilégient avant tout les achats plaisirs. Ils sont hédonistes. Les Tanguy multiplient les plaisirs, ils dépensent énormément en nouvelles technologies. Ils cherchent en permanence à être tendance. Les Tanguy adorent réaménager leur chambre, les magasins Ikea observant une seconde phase d’équipement, ils veulent faire de leur chambre un espace de convivialité et cherchent à créer un mini studio dans un 10m².
Les célibattantes :
Ce terme vient du phénomène Bridget Jones. Il s’agit de femmes urbaines, actives et ambitieuses. Elles assument parfaitement leur statut de solo. Elles cultivent leur forme, leur look et leur passion. Certaines entreprises ont mis à leur disposition des kits cocooning. Par exemple, sur le site de newsfam.com, on peut acheter un kit fashion composé d’un DVD de la série culte Sex and the City, d’un masque peeling, de chocolat viennois, de biscuits Taille fine… Pour les célibattantes ayant comme devise : «bien dans ma tête, bien dans mon corps », c’est à dire pas de cigarettes, pas de café, pas de stress au boulot, il existe un kit zen composé de thé vert de Chine, d’un guide pratique du yoga, de l’encens et de boules relaxantes pour le bain…
Les bobos (bourgeois bohème) :
Ils sont matérialistes, s’expriment de manière anticonformiste et veulent donner du sens à leur consommation. Si on les retrouve dans les magasins bio, ils n’ont pas déserté les épiceries fines pour autant. Les bobos rejettent l’ostentatoire au profit du confort, ils aiment l’authenticité : objets improbables de Natures et Découvertes, thé de chez Mariage Frère. Concernant l’éthique, le développement durable et le commerce équitable font partis de leurs critères d’achat. Le bobo fuit les destinations et les produits trop à la mode.
Les métrosexuels :
Ce terme désigne les hommes vivant en zone urbaine, qui consacrent une partie de leur budget à leur apparence, leur intérieur tel que le célèbre footballeur David Beckham. Ils prennent soin de leur corps, de leur peau et n’hésitent pas à consommer des produits cosmétiques pour homme. Ils assument leur part de féminité. Ils aiment recevoir et partager des moments conviviaux autour d’une bonne table et l’image qu’a leur entourage d’eux se veut accueillante. Leur cocon est souvent synonyme de bien être et de design. Après avoir détaillé l’évolution de la société et les styles de vie des cocooners, nous nous intéresserons aux comportements des consommateurs pour savoir qu’est ce qui les poussent à acheter. C’est-à-dire comprendre quels sont les besoins des consommateurs en terme de cocooning, quelles sont les valeurs qui peuvent motiver ses achats et quels sont les facteurs (situationnels ou externes) qui influencent son comportement ?
II) Comportement du consommateur
Le comportement du consommateur peut être défini de la sorte : « c’est l’ensemble des activités mentales, émotionnelles et physiques sans lesquelles les individus s’engagent pour choisir, acheter et utiliser un bien ou service afin de satisfaire leurs besoins et leurs désirs ». Il existe six composantes qui permettent de dessiner un portrait global du comportement du consommateur. Il s’agit : des besoins et des désirs, des forces internes et externes influençant le consommateur, le consommateur joue plusieurs rôles, le comportement du consommateur implique plusieurs activités, le comportement du consommateur est un processus et pour finir, le comportement du consommateur inclut les non clients.
1) les besoins des consommateurs
Un besoin est considéré comme un état de privation ressenti par une personne et c’est ce sentiment qui déclenche le désir de se procurer un produit ou un service. La notion de besoin est au centre de l’étude du comportement du consommateur car c’est les besoins qui motivent les consommateurs à fournir des efforts, à mettre de l’énergie et accorder du temps à cette activité que sont l’achat et la consommation. Si l’on se réfère à la typologie des besoins de Maslow, qui a identifié 5 types de besoins, on peut dire que le cocooning satisfait principalement un besoin de sécurité et un besoin d’estime. Le besoin de sécurité se définit comme une préservation de la structure physique de l’organisme, par exemple à travers les soins de beauté cocooning et la conservation de la structure psychique ou de la personnalité à travers des activités comme le yoga. Le besoin d’estime, quant à lui est relatif à l’estime de soi, la confiance en soi et sa compétence. Une des formes du cocooning comme le bricolage s’intègre complètement dans l’analyse des typologies des besoins selon Maslow.
Par exemple :
- besoin physiologique : j’aime travailler la terre
- besoin de sécurité : je me sens en sécurité dans mon jardin
- besoin d’appartenance : je peux partager ma production avec les autres
- besoin d’estime : je peux créer quelque chose de beau
- besoin d’accomplissement : mon jardin m’apporte paix et sérénité
Depuis l’apparition du cocooning vers les années 1990, le bricolage est redevenu un loisir à la mode. Il a éveillé des passions pour le travail du bois, la décoration, la restauration de meubles ou la mosaïque. Le mot « bricolage » a perdu sa connotation péjorative et les grandes surfaces spécialisées ne désemplissent pas. Les « Casto-stages » organisés gratuitement par les magasins Castorama connaissent un gros succès. En 2000, 60 000 personnes ont appris à installer une pergola, à poser une fenêtre ou à monter un mur en carreaux de plâtre. Le bricolage désigne aujourd’hui une compétence recherchée dans son entourage, une activité socialement valorisée. Le directeur des études chez Castorama,
Peter Van Vliet assure que « bricoler c’est s’ancrer dans une réalité tangible, et les gens en ont besoin ». Le bricolage est un phénomène transversal, on s’y met à partir de la trentaine et en tout état de cause. Hardi mais prudent, le bricoleur ou la bricoleuse du nouveau siècle se pique souvent de décoration et préfère généralement laisser à l’autre les travaux de gros oeuvre. D’après les professionnels, les tâches que l’on aborde avec le plus d’entrain sont celles qui touchent au travail du bois, au petit entretien et à la pose de papier peint. Le bricolage c’est avant tout changer de décor pour que son lieu de vie ne ressemble à aucun autre. Réconciliation entre le manuel et l’intellectuel, l’intuitif et le planifié, le bricolage s’est féminisé au cours de ces dernières années. Le discours officiel des grandes enseignes vante la créativité et la modernité que les femmes ont apportée à cet univers. En effet, parmi les personnes suivant les stages de bricolage, on retrouve un nombre grandissant de femmes vivant seules dans un logement peu vétuste et ne pouvant faire appel au voisin sympa pour un coup de main.
2) les facteurs internes et externes
Il s’agit de facteurs qui influencent le consommateur dans son processus de décision concernant l’acquisition de biens et services. Les facteurs internes sont des facteurs personnels et propres à chaque individu. On peut les lister : le traitement de l’information, l’implication et la motivation, les valeurs et les styles de vie, l’apprentissage, l’attitude, la perception et la personnalité. Cependant, il est très difficile selon les critères cités ci-dessus de définir un type exact de profil de cocooners. Les facteurs externes quant à eux, proviennent de l’environnement du consommateur. Cela signifie que le consommateur sera influencé par sa culture, sa classe sociale, son groupe de référence, sa famille et d’autres facteurs situationnels. Nous nous intéresserons aux facteurs externes afin de comprendre certains comportements d’achat des cocooners. Si on se penche sur la culture, c’est un tout qui comprend les valeurs, les idées, les traditions, les moeurs et les coutumes acquises par l’homme en tant que membre de la société. La culture est apprise, elle se transmet, est sociale, normative, fonctionnelle et s’adapte.
Justement en termes de cocooning, la culture est un facteur clé. Le cocooning est une tendance de consommation que l’on retrouve le plus souvent dans les sociétés occidentales. Les consommateurs se « sentent perdus » face à ces nombreuses mutations socio culturelles et le seul endroit qui les sécurise est leur lieu d’habitat. Le cocooning s’est introduit petit à petit dans nos sociétés grâce aux stratégies développées par les entreprises, ce qui fait que les consommateurs ont du s’adapter et suivre la tendance. Les classes sociales, les groupes de référence et la famille des consommateurs sont autant de facteurs qui peuvent influencer le consommateur dans son processus de décision.
3) les facteurs situationnels liés au cocooning
Les facteurs situationnels sont des facteurs particuliers à un lieu ou à une période de temps qui ne découlent pas de connaissances personnelles ou de réactions directes face à un stimulus. En effet, selon les situations, le comportement du consommateur diffère.
- L’environnement physique tels le son, la lumière, la température, le décor d’un magasin participe à influencer le consommateur dans son processus d’achat.
- L’environnement social : la consommation est différente que l’on soit seule ou à deux. On peut par exemple, souhaiter consommer pour deux (petits plats cuisinés, location de DVD…etc.)
- La perspective temporelle (moment de la journée, saison) : on a constaté que le cocooning est plus présent l’hiver. L’hiver est la saison de l’année où l’on aime s’asseoir devant un feu de cheminée, en buvant un chocolat chaud, en lisant un livre. L’hiver étant aussi synonyme de rhume ou de grippe, cela a donné l’idée à certaines marques de cosmétiques de développer des produits relaxants et apaisants. Par exemple, les boutiques Fruits et Passion proposent des huiles de massages pour les maux de tête qui tourne autour de 15 euros, accompagné de conseils de massages.
- La mode vestimentaire est aussi touchée par ce phénomène de cocooning. Les entreprises de vêtements s’intéressent aussi au phénomène cocooning en proposant aux consommateurs une panoplie de matières agréables et confortables tout en étant branché à la fois. C’est souvent des matières duveteuses (laines polaires, chenilles, jerseys ouatinés), des tissus extensibles pour l’aisance et le confort, des coloris pastel et des tons neutres pour évoquer la détente.
Le cocooning est devenu un phénomène de société qui touche énormément de domaines. Il existe différentes de cocooning et nous allons essayer de les définir dans cette partie.
Un exemple de communication publicitaire, pour le cocooning Etam a su exploiter la tendance.
III) les différentes formes de cocooning
1) Le bricolage
Aujourd’hui, le bricolage est le loisir préféré des français; il représente un chiffre d’affaires de 17 milliards d’euros, en croissance moyenne de 4% par an depuis plus de 10ans. En effet, les français investissent de plus en plus dans l’aménagement et la restauration de leur intérieur. De façon plus générale, l’habitat traduit une nouvelle mentalité des français à la recherche de leur propre identité, plus harmonieuse et individuelle. Le bricolage revient au goût du jour en tant que facteur de personnalisation permettant d’échapper au « prêt à décorer ». La créativité, le design et les nouveaux matériaux sont privilégiés avec pour objectif d’allier confort et esthétique avec un goût prononcé pour le mélange des styles, le rapprochement de la nature et de l’évasion.
Le bricolage est une activité pratiquée de plus en plus pratiquée par les français car il entraîne indiscutablement une détente :
-chez les intellectuels, car sous forme de travail manuel il contraste avec leurs occupations habituelles.
-chez les manuels, parce que l’ouvrier, qui ne fabrique bien souvent qu’une seule partie d’un tout, trouve dans le bricolage l’occasion de faire un ensemble, et surtout parce qu’il travaille sans patron.
Pour accentuer l’aspect ludique du bricolage, les entreprises simplifient de plus en plus les kits de bricolage destinés aux particuliers. C’est le cas d’IKEA qui met à la disposition des particuliers des mobiliers en pièces détachées accompagnés d’un mode d’emploi simple ainsi que d’outils permettant de monter les pièces.
D’autres entreprises telles que Castorama suivent cette tendance de consommation (cf. casto stages). Désormais, on peut faire de la plomberie sans devoir réaliser des soudures au chalumeau, poser des lattes de parquet montées sur clips et appliquer soi-même de la peinture à effet. Visseuses électriques, perceuses pneumatiques, matériaux prêts à l’assemblage et colles ultra-performantes ont singulièrement élargi l’horizon des amateurs. Les entreprises qui vendent des accessoires de bricolage, voient également leurs chiffres d’affaires augmenter depuis ces dernières années. Ils conçoivent leurs produits désormais pour les professionnels mais aussi pour les particuliers. Comme par exemple, BOSCH innove de plus en plus dans ses perceuses et autres accessoires de bricolage.
2) La décoration intérieure
Après avoir traversé une crise profonde, le secteur de la décoration intérieure connaît aujourd’hui des jours meilleurs. Le marché bénéficie de facteurs déterminants pour son développement dont l’évolution de l’habitat, de la population et du mode de vie des français. La part de budget que les français consacrent à la décoration intérieure augmente chaque année. Selon une étude réalisée par Cetelem en 2005, 57% des Français pensent qu’aménager et décorer sa maison est la meilleure façon de dépenser son argent et 72% que la maison est le meilleur refuge face au stress professionnel. La décoration représente aujourd’hui 15% du marché Français de l’équipement de maison, soit plus de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaire annuel. Le salon » Maison et Objet » génère, à lui seul, chaque année, plus de 150 millions d’euros Le salon de la attire plusieurs milliers de visiteurs. Face à cet engouement pour la décoration intérieure, certaines émissions télévisuelles s’y sont aussi mises. L’émission « Du coté de chez vous » diffusé sur TF1 depuis mars 1997, présentant une maison décorée ou retapée par des particuliers compte plus de sept millions de fidèles et bientôt en avril 2006 sortira le troisième livre « Du coté de chez vous ».
Aujourd’hui, la tendance est à la luminosité de la maison. On fait le maximum pour que toutes les pièces à vivre soient le plus lumineux possible. Cela dans le but d’économiser de l’énergie. Aussi la luminothérapie a prouvé qu’on peut vaincre la déprime par la lumière, on se sent mieux dans une maison ensoleillée, on retrouve le moral.
La personnalisation de leur intérieur amène les français à se tourner vers de nouvelles tendances de décoration qui ne correspondent pas forcément à la décoration typiquement française. On utilise de nouveaux matériaux tels que le plastic et le métal, et les couleurs sont de plus en plus chaleureuses. Ainsi, le mobilier n’a plus seulement une fonction pratique, il a aussi une fonction de décor: il prend désormais plusieurs formes et il est peint dans différentes sortes de couleurs. En effet, chaque année, les designers innovent dans les formes, les matières et les couleurs des meubles. On peut décorer sa maison sur une version asiatique, orientale, africaine, années 70,….Et on peut même mélanger plusieurs styles de décoration, tout cela dans le but de refléter notre personnalité, ou ce qu’on aimerait être.
Il existe diverses manières de disposer son mobilier, parmi lesquelles figure le Feng Shui .C’est une discipline d’origine chinoise qui vise à optimiser la circulation de l’énergie cosmique dans notre espace vital en vue d’améliorer la qualité de vie. Le Feng Shui n’est pas une quelconque croyance ou pratique religieuse, il est exactement dans le même cas que l’astrologie chinoise. Il consiste à disposer son mobilier d’une certaine manière en vue de canaliser les énergies positives qui ser les énergies positives qui se trouvent dans notre maison et d’en expulser toutes les énergies négatives.
3) Les soins cocooning
Il existe plusieurs sortes de soins ayant attrait au cocooning: les bains, les massages, les soins bio visage, les soins spa, les soins de bien être, l’épilation, la thalasso thérapie,….
Les bains
On découvre du plaisir à prendre des bains chauds car ils ont pour mérite d’atténuer les courbatures souvent dues au stress. Ils sont préparés avec des huiles essentielles pures de plantes reconnues pour leurs vertus sur les voies respiratoires (le romarin, le bois de cèdre, la myrte ou l’eucalyptus) et sur la relaxation des muscles. Ce n’est pas nouveau: on utilisait déjà les plantes pour leurs effets bienfaisants dans les bains 2000 ans avant notre ère. Mais la tendance est à la hausse ces dernières années, ce qui a permis à certaines entreprises de prendre conscience de la rentabilité que les produits relaxants pouvaient engendrer. Il y a quelques entreprises qui se sont spécialisées dans les produits bienfaisants pour le corps tels que le bain moussant à l’eucalyptus de la marque allemande Ombra, le bain moussant formule voies respiratoires de la gamme Aromachologie Fruits & Passion à base d’huiles essentielles de romarin, eucalyptus, lavande et épinette noire.
Les massages
Les massages, sont aussi de plus en plus sollicités par les français, car ils permettent d’apaiser les muscles et de soulager des courbatures. Aujourd’hui, il existe plusieurs techniques de massage :
- Le massage holistique: il prend en charge la globalité du corps dans ses trois dimensions: physique, énergétique et mentale.
- Le massage relaxant futur maman: il est entièrement destiné à relaxer le corps tout en respectant la morphologie de la future maman. Confortablement installée, il permet d’éliminer le stress et procure une intense relaxation.
- Le massage sportif: c’est un massage tonique favorisant la décontraction musculaire.
- Le massage astral: c’est un massage aérien et fluide qui provoque une prise de conscience du corps. On se sent envahit par une vague de bien être et de détente.
- L’aromassage aux huiles chaudes: massage relaxant qui commence dès l’application des huiles chaudes sur le corps. Il procure une sensation immédiate de bien être et de relâchement.
- La réflexologie thaïlandaise: il comporte une succession de pressions et de stimuli exercés sur les différentes zones réflexes des pieds.
- Le massage bien être du contour des yeux: il draine le contour des yeux, estompe les ridules et gomme la fatigue.
- Le massage cocooning visage: il permet la relaxation et la détente des muscles faciaux
- Le massage antistress : il est pratiqué sous vapeur avec des huiles essentielles
- Le massage relaxant aux huiles essentielles: il commence par la voûte plantaire, puis les jambes, et va jusqu’au cuir chevelu.
Il existe de plus en plus d’entreprises de soins cocooning, telles qu’Atlantis Spa et Noisette et Cocooning qui réservent un univers dédié au bien-être naturel et aux cosmétiques bio, pour leurs clients. Ces derniers peuvent composer eux même les soins qu’ils désirent recevoir.
Le kit hammam
Le kit hammam à domicile est un kit composé de soins 100% naturel qui sublime la peau, tels le savon noir et l’huile d’olive, qui la nourrisse la peau et la purifie en profondeur. Ce kit est mis en vente sur internet ou par catalogue (la Redoute) à un prix avoisinant les 30euros.
4) Les loisirs créatifs
Ils se sont développés, surtout à cause de la réduction u temps de travail. La quête de personnalisation de notre intérieur ainsi que de nos objets nous amène à pratiquer de plus en plus ce genre de loisir. Il existe plusieurs sortes de loisirs créatifs tous distincts les uns des autres, permettant à tout un chacun de trouver le loisir qui lui correspond le mieux. La peinture, la bijouterie, les perles, le tricot, la broderie, les décorations d’objet, les moulages,….sont devenus des « passe temps » de détente. Ce qui a permis de relancer ces loisirs et qui a participé à leur « effet de mode » c’est la Haute Couture. Lors des défilés de mode collection automne-hiver, certains créateurs ont utilisé de la broderie et depuis cette technique est redevenu à la mode.
Le leader mondial de la broderie Dollfuss Mieg et Compagnie (DMC) a su saisir cette opportunité pour se repositionner sur le marché de la broderie en proposant des kits prêts à broder. Ils ont aussi élargit leur offre en proposant une gamme de produits pour nouveaux nés (partant du pyjama pour bébé à la trousse de toilettes). Fort de son succès sur le marché de la broderie, DMC poursuit sa diversification en s’attaquant à une cible plus jeune. Il lance donc le concept Linéa 2003, nouvelle gamme de produits plus facile et plus ludique. Les françaises aiment personnaliser leurs vêtements et leurs accessoires et cette nouvelle gamme répond entièrement à leurs attentes en terme de broderie. Ces stratégies développées par DMC lui permettent de devenir une marque dynamique et marque un vrai retour aux loisirs créatifs.
5) La gourmandise
Dans une ambiance chaleureuse, rien de tel que de se concocter un bon petit plat. On cuisine des plats selon nos humeurs et nos envies. Cuisines mexicaines, asiatiques, orientales, exotiques, ou même du terroir français sont de plus en plus adoptées. Les cocooners découvrent différentes saveurs et prennent beaucoup de plaisir à les déguster, dans une ambiance zen.
On peut également choisir de se faire livrer à domicile, les plats que l’on souhaite manger. Aujourd’hui, il existe certaines entreprises qui, en plus des plats qu’ils vous livrent à domicile, vous apporte l’ambiance du pays d’où est originaire le plat. Exemple: un gastronome marocain peut vous livrer des plats typiquement marocains, chez vous, mais en plus, il est accompagné d’une danseuse du ventre ainsi que d’un musicien.
Les cocooners sont de plus en plus adepte de ce nouveau concept culinaire, en effet tout est bon pour retranscrire une ambiance « restaurant » à la maison. Passant par des cours de cuisine particuliers, des stages de formation organisés par de grands restaurants, ou encore l’achat de livres de recettes.
CONCLUSION
Le cocooning, tendance de consommation, est devenu un réel phénomène socioculturel. En effet il a touché plusieurs générations et continuera à en toucher. Partie d’un concept de repli sur soi et de maison refuge, le cocooning d’aujourd’hui se veut plus ouvert vers le monde, on parle aujourd’hui de Nesting. Par ailleurs, cette tendance de consommation s’est fortement démocratisée et compte de plus en plus d’adeptes. Ils sont urbains, hommes, femmes, jeunes, séniors (…)
Cette tendance n’a pas échappé aux entreprises qui ont su exploité ce nouveau marché, commercialisation de produits variés : soin, déco, bricolage, ameublement (…) tout y passe. Cependant, il ne faut pas négliger une ouverture au monde social, besoin que l’individu ne peut pas écarter.
Avec l’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication on décèle des limites à cette tendance par exemple « le cocooning errant » où l’individu est dans la vie sociale tout en étant branché avec des écouteurs à un monde privé de bruit (baladeur mp3, PDA, téléphones portables…). Malgré sa dimension de bien être et confort chez soi cet acte isolant peut être parfois perçu comme dangereux ou peu amical.
SOURCES
Magasine VSD Décembre 2006 « quand la déco embelli l’audimat »
Mercator LENDREVIE LEVY & LINDON 7° Edition.
Etude de marché VERNETTE & GIANNELLONI 2° édition.
Internet : Newsfam.com / Salon du meuble.com / LSA.com / Madamefigaro.fr /
Madame.ca.com
Magasin Ikéa Castorama




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